Le président zambien Hakainde Hichilema/ Crédit Photo : Africa Intelligence
Lusaka a vivement réagi ce lundi, aux déclarations de l’ambassadeur américain sortant, Michael Gonzales. Ce dernier avait dénoncé, lors de son discours de départ, la corruption en Zambie notamment dans le secteur de la santé .
La fin de mission de l’ambassadeur américain en Zambie, Michael Gonzales, a pris une tournure inattendue. Lors de son discours d’adieu le 30 avril, le diplomate a publiquement dénoncé la corruption engendrant des centaines de millions de dollars de fonds publics perdus, notamment dans le secteur de la santé. Des déclarations jugées offensantes par les autorités zambiennes, qui dénoncent une entorse aux règles diplomatiques et une atteinte à leur souveraineté.
Lusaka dénonce des propos « non diplomatiques » et défend sa souveraineté
Le gouvernement zambien n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié le 4 mai, le ministre des Affaires étrangères, Mulambo Haimbe, a qualifié les déclarations de l’ambassadeur de « non diplomatiques » et contraires aux pratiques internationales. Le ministre zambien a souligné que l’absence de plainte formelle ou de démarche diplomatique traduit un « manque de respect » envers la Zambie en tant qu’État hôte ainsi qu’envers les normes diplomatiques.
Aussi a-t-il appelé « tous les citoyens zambiens de bonne volonté ainsi que nos partenaires internationaux à ignorer les affirmations formulées par l’ambassadeur sortant lors de la réception organisée en son honneur ». Dans ces déclarations, l’ambassadeur américain avait aussi évoqué le projet de soutien américain au secteur de la santé auquel n’a pas répondu la Zambie.
Vue de Lusaka, capitale de la Zambie/ Crédit Photo : Financial Afrik
Dans son communiqué, le ministère zambien a rejeté la notion d’aide assurant que les relations entre Lusaka et Washington ne reposent pas sur l’aide, mais sur un partenariat solide et en expansion fondé sur une coopération stratégique. En outre, l’absence de réponse à ce projet vise à protéger les intérêts nationaux, assure Lusaka, compte tenu de clauses jugées inacceptables, notamment sur le partage de données sensibles qui pourrait porter atteinte à la vie privée des citoyens.
Autre point de friction : le lien établi par Washington entre cette aide sanitaire et un accord sur les minerais critiques. La Zambie, deuxième producteur de cuivre en Afrique, refuse que son accès à un projet soit conditionné à des privilèges accordées aux entreprises américaines dans l’exploitation de ressources stratégiques.
Enfin, les critiques de l’ambassadeur visant les entreprises chinoises présentes en Zambie ont ajouté une dimension géopolitique à la crise. Face à ces tensions, Lusaka insiste sur sa volonté de maintenir un partenariat équilibré avec les États-Unis, tout en réaffirmant son engagement à lutter contre la corruption selon ses propres priorités nationales.