Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a réaffirmé vendredi la ligne dure du gouvernement sur l’homosexualité. Devant les députés, il a dénoncé « une tyrannie de l’Occident » visant à imposer les valeurs LGBTQ+ au Sénégal et rejeté toute suspension de la loi renforçant les sanctions.
Face aux députés sénégalais ce vendredi 22 mai, Ousmane Sonko a défendu sans détour la récente législation durcissant les peines contre les relations entre personnes du même sexe. Le chef du gouvernement a accusé certains pays occidentaux d’exercer une « tyrannie » culturelle et médiatique sur les nations africaines concernant les questions liées à l’homosexualité.
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Adoptée fin mars et signée par le président Bassirou Diomaye Faye, la nouvelle loi prévoit désormais des peines de cinq à dix ans de prison pour les actes homosexuels, contre un à cinq ans auparavant. Le texte sanctionne également toute personne reconnue coupable d’encourager ou de financer des relations entre personnes du même sexe.
Devant l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a rejeté les critiques internationales, notamment venues de France, affirmant que le Sénégal « n’a aucune leçon à recevoir ». Il a accusé l’Occident d’exercer « une tyrannie de l’Occident » qui chercherait, « via la maîtrise des médias » ) imposer l’homosexualité au reste du monde; tandis que les pays africains arabes ou asiatiques soutiendraient davantage la position sénégalaise.

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Le Premier ministre a également insisté sur l’application « intégrale » de cette loi, refusant toute suspension malgré les appels au moratoire lancés récemment par plusieurs intellectuels africains dans une tribune publiée dans la presse française. Ces derniers mois, plus d’une centaine de personnes accusées d’« actes contre nature » ont été arrêtées au Sénégal.
Au-delà de cette polémique, Ousmane Sonko a aussi évoqué les difficultés économiques du pays, notamment une dette publique estimée à 119 % du PIB. Le gouvernement assure toutefois poursuivre les discussions avec le Fonds monétaire international afin de trouver un nouvel accord financier dans les prochaines semaines.






