Karim Khan a été suspendu de ses fonctions de procureur de la Cour pénale internationale (CPI) ce lundi 8 juin à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle visant une collaboratrice. Une décision inédite qui intervient alors que l’enquête sur cette affaire se poursuit.
Depuis plusieurs mois, Karim Khan fait l’objet d’accusations de conduite sexuelle inappropriée qu’il conteste fermement. Déjà en retrait de ses fonctions depuis mai 2025 afin d’assurer sa défense, le magistrat britannique est désormais officiellement suspendu par le bureau de l’Assemblée des États parties de la CPI, dans l’attente d’une décision définitive.
Karim Khan suspendu dans l’attente d’une décision des États membres
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Réuni le 8 juin, le bureau de l’Assemblée des États parties, composé de 21 membres, a décidé «par la majorité qualifiée de suspendre le Procureur de ses fonctions avec effet immédiat ». Cette mesure disciplinaire à l’encontre de Karim Khan s’appuie notamment sur les conclusions d’une enquête menée par le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies ainsi que sur l’avis d’experts judiciaires.
Selon plusieurs médias, l’enquête aurait mis en évidence des éléments laissant penser à des contacts sexuels non consentis avec une collaboratrice. Toutefois, les responsables de la CPI soulignent que cette suspension ne préjuge en rien de l’issue finale de la procédure, qui devra être tranchée par les 125 États membres de l’institution.
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Nommé procureur de la CPI en 2021, Karim Khan s’était imposé sur la scène internationale en obtenant notamment des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le cadre de la guerre à Gaza. Des hautes personnalités du Hamas avaient aussi été visées par des mandats d’arrêts. Ces initiatives avaient d’ailleurs valu au procureur, l’inimitié du président américain qui a signé en février 2025 un décret de sanctions contre la Cour.
Donald Trump accusait l’institution d’avoir «engagé des actions illégales et sans fondement contre l’Amérique et notre proche allié Israël». Le texte interdisait notamment l’entrée aux Etats-Unis aux dirigeants, employés et agents de la CPI ainsi qu’aux plus proches membres de leurs familles et à quiconque considéré comme ayant apporté son aide aux travaux d’enquête de la CPI.
La suspension de Karim Khan marque une séquence sans précédent dans l’histoire de la Cour pénale internationale. Elle intervient alors que la CPI reste engagée dans plusieurs dossiers sensibles et que l’avenir de Karim Khan à la tête du parquet international dépend désormais de la décision finale des États membres.





