Kenya : nouvelles violentes manifestations contre un centre destiné aux Américains exposés à Ebola

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Kenya : de nouvelles manifestations contre un centre destiné aux Américains exposés à Ebola
Les manifestants contre le centre de quarantaine/ Crédit Photo : AFP

Le Kenya traverse une crise inédite depuis l’annonce d’un centre de quarantaine destiné à des ressortissants américains exposés à Ebola. À Nanyuki, les protestations ont dégénéré ce mardi causant un blessé grave. Alors que le pays n’a enregistré aucun cas local, la colère des habitants s’intensifie, alimentée par les craintes d’une propagation du virus et d’un effondrement du tourisme.

Cette tension survient dans un contexte régional marqué par la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Malgré les assurances des autorités kényanes, la population reste sceptique, dénonçant une décision imposée sans consultation. Le projet, soutenu par les États-Unis, divise le pays et soulève des questions sur la souveraineté sanitaire de l’Afrique.

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Mardi 9 juin, les rues de Nanyuki, ville proche de la base aérienne sur laquelle doit être installé le centre de quarantaine, ont été le théâtre d’une manifestation houleuse. Plusieurs centaines d’habitants, certains vêtus de combinaisons de protection et brandissant de faux cercueils marqués « Ebola », ont exprimé leur rejet du centre.

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« Nous ne voulons pas devenir le dépotoir des maladies des autres », a lancé un manifestant, cité par l’AFP. La réponse des forces de l’ordre a été immédiate : gaz lacrymogènes, jets de pierres et barricades enflammées ont marqué les heurts. Un manifestant a été grièvement blessé à la tête, tandis qu’un autre a été pris en charge pour inhalation de gaz.

Les protestataires accusent Washington d’externaliser un risque sanitaire qu’il refuse d’assumer sur son sol. La région de Laikipia, dépendante du tourisme, redoute un impact économique désastreux. Cette colère reflète une défiance plus large envers les décisions gouvernementales, après les scandales liés à la gestion du Covid-19.

Crédit Photo : lesoleil.sn

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Le centre de quarantaine, suspendu par la justice kényane fin mai, reste une priorité pour le gouvernement de William Ruto. Les autorités justifient ce projet par la nécessité de renforcer la préparation du pays face à une éventuelle épidémie. « Ce centre n’est pas une menace, mais une mesure de précaution », a déclaré cette semaine un porte-parole du ministère de la Santé.

Cette position divise. D’un côté, les experts sanitaires estiment que le Kenya a besoin d’infrastructures adaptées. De l’autre, les populations locales, échaudées par les promesses non tenues, y voient une preuve de négligence. La méfiance est d’autant plus forte que  l’épidémie continue de progresser en République démocratique du Congo et dans certaines zones voisines de l’Afrique de l’Est.

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