L’hypothèse d’une intervention américaine au Mali contre les groupes terroriste agite le débat depuis quelques jours. Washington étudierait plusieurs options militaires selon les informations, alors que les autorités maliennes affirment n’avoir reçu aucune notification officielle de l’administration américaine.
Les États-Unis s’apprêtent-ils à intervenir militairement au Mali ? Selon des informations publiées par le quotidien américain Washington Post, l’administration de Donald Trump examinerait plusieurs scénarios pour frapper le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Une éventualité qui, pour l’heure, reste au stade des discussions internes à Washington, tandis que Bamako affirme attendre une position officielle des autorités américaines.
Intervention américaine au Mali : Bamako reste prudent face aux spéculations
Lors d’une conférence de presse hier jeudi, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a indiqué que son gouvernement n’avait appris cette éventuelle intervention américaine qu’à travers la presse. « Nous n’avons reçu aucune confirmation ni aucune déclaration officielle de la part des États-Unis ou de responsables américains à ce sujet », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie malienne a également insisté sur le fait que le Mali poursuivait sa propre stratégie de lutte contre le terrorisme. « Le Mali n’est pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler notre problème », a-t-il déclaré, réaffirmant la volonté des autorités de conduire elles-mêmes les opérations sécuritaires.
Des militaires maliens en patrouille mixte avec des membres des Gatia et MSA autour de Menaka, le 19 avril 2017/ Crédit Photo : AFP
Dans un article publié le 22 juillet, le Washington Post, a indiqué que plusieurs responsables américains discuteraient d’éventuelles actions contre le JNIM, affilié à Al-Qaïda, qui a intensifié ses offensives dans le nord du Mali depuis avril dernier. Le quotidien américain souligne toutefois que l’option d’une intervention américaine fait l’objet de divergences au sein de l’administration Trump et qu’aucune décision n’a encore été arrêtée.
Pour Andrew Lebovich, chercheur spécialiste du Sahel à l’Institut Clingendael, une intervention américaine au sol demeure peu probable. L’expert a estimé au micro de RFI que, si Washington décidait finalement d’agir, il s’agirait davantage de frappes aériennes ciblées que d’une offensive militaire de grande ampleur. Selon lui, une telle opération aurait un impact limité sur l’évolution du conflit, les groupes jihadistes ayant déjà démontré leur capacité à se réorganiser malgré les interventions étrangères successives.
Cette éventuelle implication américaine intervient dans un contexte où le Mali coopère déjà avec l’Africa Corps russe dans la lutte contre les groupes armés. Elle ravive également le débat sur l’efficacité des interventions militaires étrangères au Sahel, après les opérations françaises puis russes, qui n’ont pas permis d’enrayer durablement l’expansion des organisations terroristes dans la région.