Éthiopie : vers la fusion des fonctions de Premier ministre et de président

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Éthiopie : vers le renforcement des pouvoirs d'Abiy Ahmed
Le Premier ministre de l'Ethiopie, Abiy Ahmed.© Page Meta Abiy Ahmed Ali

Après plusieurs semaines de discussions, le dialogue national éthiopien a approuvé une réforme constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs d’Abiy Ahmed, actuel Premier ministre. La réforme prévoit, en effet, la fusion des fonctions de Premier ministre et de président.

Réunis à Addis-Abeba, quelque 4 000 délégués ont participé à ce dialogue national destiné à réfléchir aux principaux défis politiques et sécuritaires du pays. À l’issue des discussions le 22 août, ils ont largement soutenu la création d’une présidence exécutive, qui remplacerait le système actuel dans lequel le président exerce principalement des fonctions honorifiques; le vrai pouvoir étant entre les mains du Premier ministre Abiy Ahmed.

Abiy Ahmed, principal bénéficiaire de la réforme

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Le projet pourrait être présenté au Parlement dès sa rentrée en octobre. S’il est adopté, le futur président exécutif serait désigné par les députés, une configuration favorable à Abiy Ahmed puisque son Parti de la prospérité dispose d’une très large majorité parlementaire après les élections législatives de juin. Pour les défenseurs de la réforme, cette nouvelle fonction permettrait de mieux représenter l’ensemble des communautés du pays et de renforcer l’unité nationale. Mais ses détracteurs redoutent surtout une concentration accrue du pouvoir entre les mains d’Abiy Ahmed.

« Cela permettrait uniquement au Premier ministre actuel d’assumer la présidence exécutive, concentrant ainsi de fait le pouvoir entre les mains d’une seule personne », a déclaré à l’AFP, l’analyste politique Befekadu Hailu. Le dialogue national a également recommandé de réduire le financement des partis constitués sur une base ethnique au profit de formations à vocation nationale. Une proposition qui intervient alors que l’Éthiopie reste profondément marquée par les tensions entre communautés et par plusieurs conflits armés.

Le quartier central des affaires d’Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie. © SHUTTERSTOCK

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Des insurrections se poursuivent notamment dans les régions d’Oromia et d’Amhara, tandis que la situation demeure fragile au Tigré, après la guerre civile qui a ravagé cette région entre 2020 et 2022. Le processus de dialogue est toutefois loin de faire l’unanimité. Plusieurs partis importants de l’opposition l’ont boycotté et les groupes armés n’y ont pas participé. Ses critiques estiment donc que les discussions n’ont pas permis de répondre aux principales crises du pays.

« Cela ne peut garantir les deux besoins les plus importants du pays : une paix et une stabilité durables, et une gouvernance démocratique », a déclaré Merera Gudina, dirigeant d’une alliance de partis d’opposition. Malgré ces réserves, certains participants considèrent le dialogue comme une étape importante. Pour eux, le fait d’avoir réuni autour de la même table des acteurs aux visions différentes constitue déjà une avancée dans un pays traversé par de profondes divisions. La réforme constitutionnelle devra désormais franchir l’étape parlementaire.

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