L’archevêque émérite d’Abuja, John Onaiyekan, est au cœur d’une vive polémique après avoir révélé le contenu d’une réunion privée entre le président Bola Tinubu et les évêques catholiques nigérians. La présidence dénonce une prise de parole jugée inappropriée, tandis que l’opposition et plusieurs observateurs prennent sa défense.
Une rencontre entre le président nigérian Bola Tinubu et la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN) continue de faire des vagues dans le pays. Quelques jours après cette réunion à huis clos qui a eu lieu le 28 juillet dernier à la résidence du président à Aso Rock; le cardinal John Onaiyekan a accordé une interview télévisée dans laquelle il a évoqué les échanges avec le chef de l’État. Il a notamment parlé de la situation économique et sécuritaire du Nigeria. Des déclarations qui ont provoqué une réaction ferme de la présidence.
Une interview de John Onaiyekan qui embarrasse la présidence nigériane
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Lors de la rencontre, les évêques catholiques avaient exprimé leurs inquiétudes concernant l’insécurité, la pauvreté, les difficultés économiques ainsi que l’avenir de la démocratie nigériane. Dans une interview accordée à Arise TV, le cardinal John Onaiyekan a affirmé que le président Tinubu avait mal accueilli ces critiques. « Il n’avait pas l’air très content », a déclaré le prélat, ajoutant que les informations transmises au chef de l’État par son entourage semblaient éloignées des réalités vécues par les Nigérians.
Ces déclarations ont rapidement suscité la colère du pouvoir. Dans un communiqué publié samedi dernier et rapporté par des médias nigérians, Temitope Ajayi, conseiller spécial principal du président pour les médias et la communication, a dénoncé l’attitude du cardinal. « Il y a quelque chose de fondamentalement inapproprié dans le fait que le cardinal John Onaiyekan ait accordé une interview télévisée pour donner sa version des faits et son interprétation de la rencontre privée entre la Conférence des évêques catholiques du Nigeria et le président Bola Tinubu », a-t-il déclaré. Selon lui, il s’agit même d’« un abus de privilège clérical ».

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La controverse a pris une dimension politique après que certains proches du pouvoir ont accusé le cardinal de soutenir implicitement l’opposition. Les déclarations des évêques sur le risque d’un « pays à parti unique » et sur la nécessité de garantir des élections libres et crédibles ont également alimenté le débat public à quelques mois de la prochaine présidentielle.
À l’inverse, plusieurs personnalités religieuses, politiques et membres de la société civile ont défendu John Onaiyekan, estimant qu’il n’a fait qu’exprimer des préoccupations légitimes sur la situation du pays. Pour ses soutiens, la réaction de la présidence illustre une difficulté croissante à accepter les critiques dans un contexte marqué par les défis économiques et sécuritaires auxquels le Nigeria reste confronté.





