
Les ressortissants nigérians rapatriés d’Afrique du Sud après les violences anti-immigration pourraient donner lieu à des demandes de réparations. Abuja envisage de réclamer une indemnisation pour les biens abandonnés ou détruits.
La crise liée aux manifestations anti-immigration en Afrique du Sud prend une nouvelle ampleur. Depuis le début des violences, le Nigeria a engagé le rapatriement de ses ressortissants, dont le dernier vol a eu lieu le 30 juin, date correspondant à l’expiration de l’ultimatum fixé par des groupes de manifestants. Au-delà de ces opérations de retour, Abuja envisage désormais d’ouvrir la voie à d’éventuelles demandes d’indemnisation auprès des autorités sud-africaines
Des réparations pour les ressortissants nigérians lésés
Afrique du Sud : des milliers de manifestants dans les rues pour exiger l’expulsion des sans-papiers
Les violences anti-immigration en Afrique du Sud ont conduit à l’évacuation de plus de 550 ressortissants nigérians au cours des trois dernières semaines. Le dernier vol de rapatriement, transportant 269 personnes, a atterri à Lagos le 30 juin, date correspondant à l’expiration de l’ultimatum lancé par des groupes anti-immigration exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière.
Le haut-commissaire par intérim du Nigeria à Pretoria, Alexander Ajayi, a demandé aux rapatriés d’établir un inventaire détaillé des commerces, véhicules, logements et autres biens laissés sur place. Selon lui, ces informations permettront d’évaluer les pertes subies et d’étayer d’éventuelles demandes de compensation dans le cadre des discussions engagées avec les autorités sud-africaines.
Abuja assure vouloir défendre les intérêts de ses ressortissants. Un conseiller du président Bola Tinubu, cité par RFI, a indiqué que le Nigeria n’accepterait « aucune forme d’humiliation » à l’encontre de ses citoyens. Les autorités nigérianes dénoncent également les difficultés administratives rencontrées par certains migrants pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour, estimant que ces dysfonctionnements ont aggravé leur vulnérabilité.
À ce stade, Pretoria n’a annoncé aucune mesure d’indemnisation. Les deux pays poursuivent néanmoins leurs échanges diplomatiques, tandis qu’Abuja continue d’organiser le retour volontaire des ressortissants nigérians encore présents en Afrique du Sud. Une centaine de Nigérians seraient actuellement hébergés dans la mission diplomatique nigériane à Pretoria dans l’attente de leur rapatriement.




