À Goma, dans l’est de la RDC, Joseph Kabila et d’autres responsables du Front pour la refondation de la nation (FRN), successeur du M23, ont reçu ce mardi 3 novembre le chef de la MONUSCO, James Swan. Au cours de cette rencontre, ils ont notamment demandé le non-renouvellement du mandat de la mission onusienne.
Arrivé à Goma le lundi 2 novembre, James Swan y effectue des consultations avec les représentants du FRN, dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila. Il s’agit de sa première visite dans cette ville depuis la création du mouvement, le 12 octobre, en remplacement de l’ancienne coalition AFC/M23. Ce déplacement intervient alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo peinent toujours à aboutir. Les affrontements se poursuivent sur le terrain, tandis que la mise en œuvre des accords conclus entre le mouvement et le gouvernement congolais connaît des retards.
La MONUSCO au cœur des exigences de Joseph Kabila et du FRN
A la tête de la délégation onusienne, James Swan a rencontré Joseph Kabila et d’autres responsables du FRN. La délégation onusienne souhaitait mieux connaître le FRN, qui affirme avoir hérité de l’actif et du passif de l’ancienne coalition AFC/M23, a expliqué après la réunion, Bertrand Bisimwa un des vice-présidents du mouvement. Ce dernier a assuré par ailleurs que leurs engagements dans le processus de paix de Doha restent valables, selon nos confrères d’Afrik.com.
Au cours des échanges, le FRN a notamment demandé que le mandat de la MONUSCO ne soit pas renouvelé à son échéance, fixée au 20 décembre 2026. Bertrand Bisimwa a qualifié le bilan de la mission d’« échec total », tout en reconnaissant qu’elle pourrait apporter un appui logistique au mécanisme de vérification du cessez-le-feu prévu dans les arrangements de Doha. Le mouvement s’oppose également à un redéploiement des Casques bleus au Sud-Kivu. Il estime que cet appui ne doit pas servir de justification à leur retour dans cette province, d’où la mission a déjà retiré ses opérations.

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Le FRN a aussi appelé les Nations unies à dissuader le président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution congolaise. Pour Bertrand Bisimwa, les textes encadrant le processus de paix de Doha reposent sur la Constitution actuelle. Toute modification risquerait, selon lui, de compromettre les négociations. Cette prise de position intervient après l’adoption, le 31 octobre, par le Sénat, de la loi sur l’organisation du référendum. Le texte, voté en seconde lecture par 78 voix, doit être transmis au président de la République pour promulgation. L’opposition redoute qu’il ouvre la voie à une révision constitutionnelle.
La rencontre entre James Swan et Joseph Kabila s’inscrit officiellement dans les consultations de la MONUSCO sur la protection des civils, l’accès humanitaire et le suivi du cessez-le-feu. Elle intervient dans un contexte où le FRN entend se positionner comme un interlocuteur du processus de Doha, tout en contestant plusieurs aspects de la présence onusienne en RDC. À l’issue de la réunion, aucun communiqué conjoint détaillé n’a été publié.





