
La crise bancaire qui a secoué le Paraguay a provoqué une rupture au sommet de l’État. Accusé de mauvaise gestion dans le dossier Ueno Bank, le président Santiago Peña a été destitué par le Sénat vendredi 6 novembre 2026. Son vice-président, Pedro Alliana, a été investi dans la foulée pour lui succéder.
Au pouvoir depuis 2023, Santiago Peña ne terminera pas son mandat, initialement prévu jusqu’en 2028. Le Sénat paraguayen l’a reconnu coupable de « mauvais exercice de ses fonctions » par 44 voix, sur les 44 membres présents. Cette décision intervient après le rejet, par le Parlement, de sa démission présentée la veille. Une procédure de destitution a ainsi été engagée contre lui.
Une crise bancaire à l’origine de la chute de Santiago Peña
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La crise a éclaté le 3 novembre, après la mise sous tutelle d’Ueno Bank par la Banque centrale du Paraguay pour insolvabilité. Cette intervention a entraîné le gel des dépôts de près de trois millions de clients, soit environ la moitié de la population du pays. Des entreprises, des institutions et des fonds de pension ont également été touchés. Lors du procès politique, des sénateurs ont reproché à Santiago Peña d’avoir toléré un détournement de fonds de retraite vers une banque liée à son entourage.
L’ancien président, qui avait été actionnaire de la holding propriétaire d’Ueno jusqu’en 2025, est également visé par une enquête judiciaire pour des faits présumés d’abus de confiance, de trafic d’influence et de gestion à des fins personnelles. Après sa destitution, Santiago Peña a été placé en détention à son domicile. L’ex-président « va demeurer en qualité de détenu à son domicile » cette nuit, a indiqué à des journalistes la procureure Silvia Margarita Gonzalez Vester. Il doit être entendu samedi à 11h locales (14h TU) au siège du parquet pour les délits présumés de violation de confiance, trafic d’influence et gestion à des fins personnelles, a ajouté la procureure.

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Âgé de 52 ans, Pedro Alliana, issu du même Parti Colorado que son prédécesseur, a prêté serment dans la foulée. Dans sa première allocution, le nouveau président a promis une indemnisation complète des épargnants affectés par la crise bancaire. Mais son arrivée au pouvoir ne signifie pas un changement de camp politique : les deux dirigeants appartiennent à la même formation conservatrice.
Pendant ce temps, la Banque centrale a commencé à verser des avances aux épargnants lésés. Selon un responsable du Fonds de garantie des dépôts, les premiers remboursements concernent notamment les clients dont les dépôts étaient compris entre un et dix millions de guaranies. La gestion de cette crise constitue désormais l’un des premiers défis du nouveau président.




