Joseph Kabila a décidé de porter devant la justice américaine son bras de fer avec Washington. Sanctionné en avril 2026 pour son soutien présumé à l’Alliance Fleuve Congo et au M23, l’ancien président congolais demande l’annulation de son inscription sur la liste noire du Trésor américain, rejetant catégoriquement les accusations portées contre lui.
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a saisi un tribunal fédéral de Washington pour contester les sanctions américaines prises contre lui. Dans une plainte de seize pages déposée début août, ses avocats demandent notamment l’annulation de son inscription sur la liste de l’Office of Foreign Assets Control, l’OFAC, l’agence du département américain du Trésor chargée notamment de l’application des sanctions économiques. Pour l’ancien chef de l’État, ces mesures reposeraient sur des accusations insuffisamment étayées.
Joseph Kabila ouvre un nouveau front judiciaire contre Washington
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Les États-Unis accusent Joseph Kabila d’avoir apporté un soutien financier et logistique à l’Alliance Fleuve Congo, coalition politico-militaire dont le M23 constitue la principale composante armée. Washington lui reproche également d’avoir encouragé des militaires congolais à déserter et d’avoir séjourné à Goma sous la protection du mouvement rebelle. Des accusations que l’ancien président rejette catégoriquement. Sa défense estime notamment qu’aucun transfert de fonds précis destiné à l’AFC n’est identifié et qu’aucun militaire que Joseph Kabila aurait personnellement incité à déserter n’est cité dans le dossier américain.
Pour ses avocats, les sanctions décidées par l’administration américaine seraient ainsi fondées sur des affirmations « vagues » et « arbitraires ». La défense entend également rappeler le passé de Joseph Kabila face au M23 : en 2013, sous sa présidence, les forces armées congolaises, appuyées notamment par une brigade d’intervention de l’ONU, avaient réussi à mettre en déroute la rébellion. Cet argument doit permettre à l’ancien président de contester l’image d’un responsable politique devenu allié du mouvement qu’il avait combattu lorsqu’il était au pouvoir.
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Cette bataille judiciaire intervient toutefois dans un contexte particulièrement lourd pour Joseph Kabila. L’ancien chef de l’État, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, est également poursuivi par les autorités congolaises. En septembre 2025, la justice militaire l’a condamné à mort par contumace pour plusieurs accusations liées notamment à la rébellion dans l’est du pays. Joseph Kabila rejette également ces accusations. Sa contestation devant la justice américaine lui permet donc d’ouvrir un nouveau front, cette fois directement contre les mesures prises par Washington.
Au-delà de la question des sanctions, cette procédure pourrait avoir des conséquences politiques importantes. Joseph Kabila cherche à obtenir la levée des mesures qui visent ses avoirs et ses intérêts soumis à la juridiction américaine, mais aussi à contester publiquement les accusations qui pèsent sur lui. L’affaire intervient alors que la crise sécuritaire dans l’est de la RDC demeure au cœur des tensions entre Kinshasa, Kigali et les groupes armés. La bataille judiciaire engagée aux États-Unis constitue ainsi une nouvelle étape dans le bras de fer de l’ancien président congolais avec ses adversaires, aussi bien à Kinshasa qu’à Washington.





