Niger : des États africains, la Cédéao et la France accusés d’avoir soutenu la mutinerie

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Niger : des États africains, la Cédéao et la France accusés d’avoir soutenu la mutinerie
Des militaires nigériens. © AFP

Quelques jours après la mutinerie au Niger marquée par la tentative de prise de la base 101 à Niamey, un officier nigérien a livré un récit mettant en cause le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la France et la Cédéao. Des accusations diffusées ce mardi 1er septembre qui, pour l’heure, ne sont pas corroborées.

La tentative de mutinerie qui a secoué Niamey dans la nuit du 28 au 29 août continue de livrer ses secrets. Alors que les autorités nigériennes n’ont toujours pas communiqué publiquement sur le bilan des affrontements, le capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste, est apparu mardi à la télévision nationale pour livrer sa version des événements. L’officier affirme notamment avoir été sollicité par des éléments du Bataillon de sécurité et de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS), avant de refuser de leur apporter son soutien.

Un récit qui désigne plusieurs pays derrière la mutinerie

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Selon Roger Gabriel, plusieurs appels et messages reçus pendant les événements faisaient état d’une possible intervention extérieure en soutien aux mutins retranchés à la base aérienne 101. Il affirme notamment qu’un militaire tchadien lui aurait indiqué qu’une opération devait être pilotée depuis le Tchad avec la participation des autorités et de forces spéciales françaises. L’officier évoque également des appels de proches de l’ancien président Mohamed Bazoum, qui lui auraient parlé d’un soutien du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la Cédéao.

Le capitaine affirme par ailleurs que le président béninois Romuald Wadagni aurait écourté son déplacement en Côte d’Ivoire afin de mettre en place une cellule de crise et de suivre l’évolution de la mutinerie. Il dit également avoir reçu des appels provenant de France, de Belgique et de Dubaï, ainsi qu’un message attribué au chef de l’armée de l’air tchadienne. Les forces françaises stationnées à Abidjan aussi se préparaient, selon ses dires, à intervenir après avoir obtenu l’autorisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ces éléments constituent toutefois, à ce stade, le seul récit public avancé pour étayer ces accusations. Aucune confirmation indépendante n’est venue établir l’implication de ces pays dans la mutinerie.

Un soldat nigérien monte la garde dans une rue près d’un marché à Banibangou, une ville de l’ouest du Niger, le 6 novembre 2021. ©.AFP – BOUREIMA HAMA

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Le Tchad est, pour le moment, le seul pays directement cité à avoir réagi, même si son président Mahamat Idriss Déby n’a pas mentionné explicitement le Niger ni les accusations. Sur les réseaux sociaux, il a publié un verset du Coran appelant à ne pas « mêler le faux à la vérité ». Des sources tchadiennes ont également rejeté les accusations, les jugeant invraisemblables. Ni Paris, ni Cotonou, ni Abidjan n’avaient, de leur côté, officiellement répondu au témoignage de l’officier au moment de la publication.

La diffusion de ce témoignage intervient alors que le régime du général Abdourahamane Tiani reste silencieux sur les circonstances précises de la mutinerie. Celle-ci avait opposé des éléments du BSR-COS à la garde présidentielle, avec l’appui de combattants russes de l’Africa Corps, qui ont contribué à reprendre le contrôle de la base 101. Pour l’heure, les accusations d’un soutien extérieur restent à établir.

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