Soudan : les soutiens étrangers contribuent à prolonger la guerre, selon l’ONU

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Soudan : les soutiens étrangers contribuent à prolonger la guerre, selon une mission de l'ONU
Des combattants au Soudan. © Mohnd Blal , Archives ASSOCIATED PRESS

Combattants étrangers, armes, drones et soutiens logistiques ; le rapport d’une mission des Nations unies met en lumière l’ampleur des réseaux transnationaux qui permettent aux belligérants de poursuivre la guerre au Soudan. L’institution déplore que les populations civiles en paient le plus lourd tribut.

Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) s’est progressivement internationalisé. Dans un rapport publié jeudi 3 septembre, les enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU documentent le recrutement, la formation et l’acheminement de combattants étrangers ainsi que les transferts d’armes, de munitions et de technologies militaires destinés notamment aux FSR.

Jusqu’à 2 000 Colombiens aux côtés des FSR indique la mission

La Mission indique avoir documenté le déploiement de jusqu’à 2 000 anciens contractuels militaires colombiens aux côtés des FSR au Darfour et au Kordofan. Ces combattants auraient notamment utilisé des drones de combat, de l’artillerie et des armes sophistiquées. Des réseaux impliquant des entreprises, recruteurs et intermédiaires opérant depuis plusieurs pays auraient facilité leur acheminement.

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Selon les enquêteurs, des points de transit situés notamment au Tchad, dans le sud-est de la Libye et à Bosaso, en Somalie, auraient servi à acheminer du personnel, des formations, des armes et des équipements vers les zones contrôlées par les FSR. La Mission estime disposer de « motifs raisonnables de croire » que des entités et individus liés notamment aux Émirats arabes unis ont joué un rôle important dans ces réseaux.

L’armée soudanaise a elle aussi bénéficié de capacités militaires venues de l’étranger, notamment en matière de drones, même si les enquêteurs précisent que leurs conclusions sur le soutien extérieur aux Forces armées soudanaises restent préliminaires. Pour Mohamed Chande Othman, président de la Mission, « les conséquences de ce soutien extérieur sont ressenties de la manière la plus aiguë par les civils ».

Photo d’archive de paramilitaires soudanais membres des Forces de réaction rapide (FSR) au Soudan. © AP

Lire aussi : Soudan : pourquoi l’embargo sur les armes divise le Conseil de sécurité de l’ONU

La Mission estime que les soutiens extérieurs ont permis aux deux camps de renforcer leurs capacités militaires et de mener des opérations toujours plus sophistiquées. Elle relève que les attaques documentées des deux côtés pourraient constituer des crimes de guerre, notamment lorsqu’elles touchent des civils et des biens à caractère civil. Plus de 1 000 personnes auraient notamment été tuées dans des attaques de drones au cours du premier semestre 2026, selon les enquêteurs.

Face à cette situation, les experts appellent les États à mettre fin aux réseaux d’approvisionnement militaires, à faire respecter l’embargo sur les armes et à enquêter sur les individus et entités qui recrutent, financent, transportent ou fournissent des équipements aux belligérants. Ils recommandent également au Conseil de sécurité d’étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan.

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