Soudan : pourquoi l’embargo sur les armes divise le Conseil de sécurité de l’ONU

0
Soudan : pourquoi l’embargo sur les armes divise le Conseil de sécurité de l’ONU
Des combattants au Soudan. © AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU a examiné ce 24 août une proposition américaine visant à étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan. Une mesure destinée à freiner la guerre entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), mais qui se heurte déjà à l’opposition de la Russie.

Depuis avril 2023, le Soudan s’enfonce dans un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 10 millions de personnes. Les combats menacent désormais de s’étendre au Tchad et en Centrafrique. Face à cette crise, Washington propose d’élargir l’embargo actuel, limité au Darfour depuis 2004, à tout le territoire soudanais.

Un embargo pour couper les flux d’armes

« Soit nous survivons, soit nous cessons d’exister » : après une défaite, le chef des paramilitaires soudanais durcit le ton

La résolution américaine, présentée lors d’une réunion d’urgence, interdit toute livraison d’armes aux belligérants. « Cette mesure vise à protéger les civils et à stopper les violences », a déclaré Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis à l’ONU . L’embargo actuel, jugé inefficace, ne couvre pas les zones où les FSR reçoivent des armes via la Libye ou la Centrafrique. L’armée soudanaise, elle, bénéficie de soutiens étrangers, notamment égyptiens.

La Russie, membre permanent du Conseil, rejette cette proposition. « C’est une ingérence dans les affaires soudanaises », a affirmé à l »AFP, Vassily Nebenzia, ambassadeur russe à l’ONU. Moscou, proche de l’armée soudanaise, craint de perdre son influence dans la région. La Chine, autre membre permanent, pourrait aussi s’opposer à cette mesure, privilégiant une approche diplomatique. L’extension de l’embargo pourrait aggraver les tensions au Tchad et au Soudan du Sud.

Lire aussi : Soudan : les Émirats arabes unis accusés d’armer les FSR avec des mercenaires colombiens

Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour l’Afrique

« Si les armes continuent de circuler, le conflit pourrait déstabiliser toute l’Afrique de l’Est », avait avertit un rapport de l’Union africaine de juillet 2026. Les FSR contrôlent des zones frontalières stratégiques, où transitent armes et mercenaires. Cependant, certains experts doutent de l’efficacité d’un embargo généralisé. Les précédents embargos, comme en Libye, ont montré leurs limites face aux réseaux de contrebande. Les belligérants pourraient aussi se tourner vers des groupes djihadistes actifs au Sahel.

La proposition américaine marque une nouvelle tentative de la communauté internationale pour mettre fin à ce conflit. Mais face à l’opposition russe et aux doutes sur son efficacité, cette initiative risque de se heurter à des obstacles majeurs. Le Conseil de sécurité devra trancher entre mesures coercitives et solution diplomatique. Dans l’immédiat, les civils soudanais, pris au piège des combats, paient le prix de cette guerre. Si la résolution est adoptée, elle pourrait ouvrir la voie à des sanctions plus larges. Si elle est bloquée, le conflit risque de s’étendre, avec des conséquences dramatiques pour toute la région.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici