La Haute Cour du Kenya doit rendre, ce 15 juillet, une décision très attendue sur la demande des rastafaris d’utiliser cette substance dans le cadre de leurs pratiques religieuses. Une affaire qui pourrait redéfinir l’équilibre entre liberté de culte et protection de la santé publique.
Au Kenya, où le cannabis est interdit et passible de lourdes sanctions, la communauté rastafari réclame une exemption religieuse lui permettant d’utiliser cette plante lors de ses cérémonies. Les juges devront déterminer si cette pratique peut être protégée par la Constitution, qui garantit la liberté de religion.
Cannabis au Kenya : un verdict aux lourdes conséquences juridiques
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Les représentants de la Rastafari Society of Kenya affirment que le cannabis constitue un élément essentiel de leur foi, comparable au vin utilisé dans certains rites chrétiens. Ils ne demandent pas une légalisation générale, mais une dérogation limitée aux cérémonies religieuses. Leur requête s’appuie notamment sur la Constitution kényane de 2010 ainsi que sur plusieurs textes internationaux relatifs aux droits humains.
En face, les autorités, à travers la National Authority for the Campaign Against Alcohol and Drug Abuse (NACADA), s’opposent à toute exception. Elles estiment que le cannabis demeure un stupéfiant dont l’interdiction répond à des impératifs de santé publique et aux engagements internationaux du pays en matière de lutte contre les drogues.

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L’initiative de cette communauté s’inscrit dans la continuité d’une précédente décision de justice. En 2019, la Haute Cour du Kenya avait donné raison à une élève rastafari exclue de son établissement scolaire en raison de ses dreadlocks. Les juges avaient estimé que cette exclusion portait atteinte à sa liberté de religion, reconnaissant ainsi le rastafarisme comme une croyance protégée par la Constitution kényane.
La décision de la Haute Cour pourrait faire jurisprudence bien au-delà de cette affaire. Dans un pays encore marqué par le drame de Shakahola et les débats sur les limites de la liberté religieuse, le jugement attendu devra concilier les droits des minorités confessionnelles avec l’intérêt général. Le verdict pourrait ainsi ouvrir la voie à d’autres demandes d’exemptions religieuses au Kenya.





