Prévue le 9 septembre dans plusieurs villes du pays, la marche des diplômés sans emploi a été interdite par le ministère tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration. Les autorités invoquent notamment le non-respect des règles encadrant les manifestations et un risque de trouble à l’ordre public.
Le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration a interdit la marche que les organisations de diplômés prévoyaient d’organiser le 9 septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national. La décision, prise par arrêté début septembre, intervient après l’examen de la demande d’autorisation déposée par les organisateurs. Les autorités estiment que certaines dispositions de l’ordonnance du 1er août 2023 relative aux manifestations sur la voie publique n’ont pas été respectées.
Les diplômés appelés à rester mobilisés
Le ministère invoque également un « risque avéré de trouble à l’ordre public » pour justifier l’interdiction. Il avertit que toute organisation ou participation à la manifestation malgré cette décision pourrait exposer les responsables à des poursuites judiciaires, notamment en cas de dégradations, d’effractions ou de débordements.
L’application de l’arrêté a été confiée aux services de police, de gendarmerie et de la Garde nationale et nomade du Tchad. Le Collectif des diplômés sans emploi dénonce cette interdiction et a annoncé l’annulation du sit-in prévu le 9 septembre. Il appelle toutefois ses « cellules provinciales à rester mobilisées pour réclamer l’intégration des diplômés sans emploi ».

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La mobilisation devait permettre aux organisateurs d’alerter sur les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes diplômés pour accéder à un emploi correspondant à leur formation. Selon les chiffres cités dans les différents rapports, la situation de l’emploi des jeunes demeure préoccupante au Tchad. En 2022, environ 37 % des jeunes n’étaient ni en emploi, ni aux études, ni en formation. Chez les 15-24 ans, le taux d’inactivité approchait alors 60 %.
La Banque mondiale estime par ailleurs à environ 75 000 le nombre de diplômés toujours à la recherche d’un emploi plusieurs années après leur sortie de formation. Faute de débouchés dans les secteurs public et privé, certains diplômés se tournent vers le secteur informel ou des activités sans rapport avec leur qualification.





