Le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé est attendu du 9 au 11 septembre à Londres pour participer au World Nuclear Symposium, où se retrouvent les principaux acteurs de l’industrie nucléaire. Pour Lomé, ce rendez-vous doit permettre de porter une conviction déjà exprimée par Faure Gnassingbé lors du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), organisé à Kigali en mai, à savoir, le développement du nucléaire africain doit être pensé comme un enjeu de souveraineté énergétique, industrielle et technologique.
Placée cette année sous le thème « From Ambition to Action », la rencontre réunit les principaux acteurs de l’industrie nucléaire, des gouvernements, des investisseurs et des institutions financières autour de la question du passage des ambitions aux réalisations concrètes. Le Togo entend y défendre une nouvelle approche du nucléaire africain : ne plus se limiter à importer des technologies, mais créer les conditions permettant au continent de devenir un véritable acteur de cette industrie. Financement, formation, réglementation, coopération régionale et petits réacteurs modulaires seront au cœur de la ligne défendue par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, au World Nuclear Symposium.
Le Togo veut passer de l’ambition à l’exécution dans le nucléaire
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La ligne défendue par Faure Gnassingbé repose d’abord sur un changement de positionnement de l’Afrique. Le continent ne devrait plus se contenter d’exporter ses ressources et d’importer les technologies à forte valeur ajoutée. « L’Afrique ne veut plus seulement exporter l’atome et importer l’électron », résume cette vision. Il s’agit désormais de former des ingénieurs, renforcer les capacités des régulateurs, développer les chaînes de services et, lorsque les conditions de sûreté et les choix nationaux le permettent, produire de l’électricité nucléaire sur le continent.
Cette ambition se heurte toutefois à un obstacle majeur : le financement. Les technologies existent, les besoins énergétiques augmentent et plusieurs pays africains préparent des programmes nucléaires, mais le coût du capital demeure élevé. Le Togo plaide ainsi pour une implication plus importante des banques multilatérales, des fonds souverains, du secteur privé et des grands consommateurs industriels. « Un projet nucléaire ne devient pas réel lorsque son design est présenté. Il devient réel lorsqu’il devient finançable », souligne la ligne défendue par Lomé.
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Le Togo met également l’accent sur la construction d’un écosystème africain du nucléaire. Cela passe par des cadres réglementaires solides, la sûreté, la formation, mais aussi par une coopération entre pays. Des mécanismes régionaux de garantie, des programmes communs de formation et une capacité africaine de négociation pourraient permettre au continent de mieux peser face aux différents fournisseurs. Les petits réacteurs modulaires (SMR) constituent, dans cette perspective, une piste à étudier, mais sans privilégier un fournisseur pour des raisons géopolitiques. Sûreté, maturité, coût, financement, délais, maintenance et transfert de compétences doivent guider les choix.
Cette approche s’appuie aussi sur les initiatives engagées par le Togo. Membre de l’AIEA depuis 2012 et élu à son Conseil des gouverneurs pour la période 2025-2027, le pays a créé en janvier 2025 son Commissariat à l’énergie atomique et poursuit le renforcement de son cadre réglementaire et de ses capacités en matière de sûreté. En février 2026, Lomé a également signé avec l’AIEA un nouveau cadre de programmation pour 2026-2031.
Après Kigali et Londres, le Togo veut poursuivre cette dynamique avec l’organisation à Lomé, du 1er au 3 juin 2027, du prochain Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), avec une ambition résumée en trois mots : « From Ambition to Execution ». L’objectif affiché est de faire de cette rencontre une « fabrique à projets », capable de rapprocher États, régulateurs, industriels, investisseurs et institutions financières autour de projets nucléaires africains concrets.





