La justice congolaise a infligé la prison à vie au président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT). Jean-Guy Blaise Mayolas est reconnu coupable de détournement de plus d’un million de dollars destinés au développement du football, notamment féminin.
La justice de la République du Congo a rendu un verdict historique dans une affaire qui secoue le monde du sport national. À l’issue d’un procès très médiatisé, Jean-Guy Blaise Mayolas, président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), a été reconnu coupable de plusieurs infractions financières graves. Les juges ont estimé que les preuves démontraient l’existence d’un système de détournement de fonds destinés au développement du football dans le pays.
Un système de détournement de fonds au cœur de la FECOFOOT
Selon les conclusions de l’enquête judiciaire, près de 1,3 million de dollars provenant notamment de la FIFA accordées durant la pandémie de Covid-19 auraient été détournés. Ces fonds étaient destinés au développement du football féminin et à la construction d’un centre d’entraînement spécialisé. Environ 500 000 dollars devaient notamment soutenir l’équipe nationale féminine, mais seulement 20 000 euros auraient effectivement été versés à l’équipe, selon une déclaration signée par tous les présidents de clubs féminins du pays.
Les magistrats ont également retenu contre le dirigeant sportif des accusations de blanchiment de capitaux, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêts. Les enquêteurs affirment qu’il aurait utilisé sa position à la tête de la fédération pour rediriger une partie des ressources vers des entreprises liées à son entourage, certaines étant considérées comme des structures fictives.
Jean-Guy Blaise Mayolas, président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT)
Dans ce dossier, la justice a aussi mis en cause plusieurs proches du dirigeant, dont des membres de sa famille et des collaborateurs de la FECOFOOT. Certains sont accusés d’avoir participé à un réseau d’entreprises servant au transit de fonds entre plusieurs pays d’Afrique centrale.
Malgré les dénégations de Jean-Guy Blaise Mayolas, qui a évoqué un complot politique durant le procès, le tribunal a estimé que les éléments réunis suffisaient à établir sa responsabilité dans cette affaire. Cette condamnation de Mayolas marque l’un des plus grands scandales financiers ayant touché le football congolais ces dernières années.