Cameroun : l’absence de Paul Biya relance la polémique, le RDPC rejette toute vacance du pouvoir

0
Cameroun : l'absence de Paul Biya relance la polémique, le RDPC rejette toute vacance du pouvoir
Paul Biya, le président du Cameroun

L’absence prolongée de Paul Biya du territoire camerounais alimente désormais un débat institutionnel. Plus de six semaines après son départ pour un séjour privé en Europe, le RDPC affirme qu’il n’existe aucune « vacance au sommet de l’État », tandis que l’opposition conteste cette lecture de la Constitution.

Plus les jours passent, plus l’absence de Paul Biya nourrit les spéculations au Cameroun. Parti le 7 juin pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe », le chef de l’État n’est toujours pas rentré. Cette situation ravive les interrogations sur l’exercice du pouvoir et oppose désormais frontalement le RDPC, qui exclut toute vacance de la présidence, à une opposition qui réclame davantage de transparence.

Paul Biya : le débat sur la vacance du pouvoir s’intensifie

Présidentielle au Cameroun : la candidature de Paul Biya contestée dans son propre parti

Quarante-quatre jours après son départ pour un « court séjour privé en Europe », Paul Biya continue d’alimenter les débats au Cameroun. Dans une note publiée le mercredi 21 juillet, Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la Communication du RDPC, affirme qu’« il n’y a aucune vacance au sommet de l’État ». Selon lui, aucune disposition de la Constitution ne fixe une durée maximale pour les séjours du chef de l’État à l’étranger. Plus tôt, dans un éditorial publié le 15 juin dans L’Action, le journal du parti, le journaliste Christophe Mien Zok a assuré que « le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti ».

Le parti au pouvoir soutient également que Paul Biya continue de suivre les affaires de l’État grâce à ses collaborateurs et aux moyens de communication modernes. Cette position est vivement contestée par le vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Mota. L’opposant juge cet argument « sophistique » et rappelle que l’article 5 de la Constitution fait du président le garant du fonctionnement régulier des institutions. Il s’interroge sur la manière dont ces responsabilités peuvent être pleinement exercées après plusieurs semaines d’absence, sans communication officielle sur les conditions de travail du chef de l’État.

Paul Biya lors d el’élection présidentielle d’octobre 2025/ Crédit Photo : A. Ngwe/AP/SIPA

Lire aussi : Cameroun : après un meurtre, le gouvernement annonce la fermeture de 1 400 églises de réveil

Sur le plan juridique, la Constitution camerounaise distingue toutefois l’absence, l’empêchement et la vacance du pouvoir. Une absence prolongée à l’étranger ne suffit pas, à elle seule, à constater une vacance de la présidence. Celle-ci ne peut être reconnue que dans les conditions prévues par la loi fondamentale et après l’intervention de l’autorité compétente. L’opposition quant à elle ne désarme pas. Plusieurs leaders demandent des clarifications et un député a même saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la question d’une éventuelle vacance du pouvoir.

Mais à ce jour, aucune institution n’a officiellement déclaré Paul Biya empêché d’exercer ses fonctions. De son côté, le parti au pouvoir, le RDPC, organise ce mercredi 22 juillet, une réunion de certains responsables du parti. Si le débat reste essentiellement politique, le silence de la présidence continue d’alimenter les interrogations. Depuis l’annonce du départ du chef de l’État le 7 juin, aucun calendrier de retour n’a été communiqué.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici